Pour les acheteurs internationaux, en particulier ceux d’Europe du Nord, l’Espagne reste une destination profondément attractive. Un littoral baigné de lumière, un climat qui invite à vivre dehors toute l’année, et un style de vie ancré dans la simplicité et la sensualité. Mais lorsque le bien immobilier en question dépasse 1 million d’euros, le chemin vers la propriété relève moins du rêve que de la préparation rigoureuse.
Avec un achat de ce montant, acheter une maison en Espagne n’est plus une simple transaction, c’est une migration juridique et financière. Voici ce que vous devez savoir.
Avant qu’un acheteur puisse signer un contrat ou ouvrir un compte bancaire, il doit obtenir un NIE (Numéro d’Identification d’Étranger). Ce n’est pas une simple formalité. Ce numéro devient votre identifiant officiel pour toutes les affaires juridiques et fiscales en Espagne. Sans lui, tout s’arrête.
Le processus est simple, mais nécessite souvent une aide locale, surtout si vous faites la demande depuis l’étranger. De nombreux clients choisissent de donner procuration à leur représentant juridique en Espagne pour gérer cela, et les étapes suivantes, en leur nom.
Diligence raisonnable, à l’espagnole
Dans un marché où l’ancien rencontre le neuf, la clarté juridique est essentielle. Un avocat spécialisé dans l’immobilier, idéalement avec une maîtrise locale et une expérience internationale, vérifiera:
La propriété et le titre (Escritura)
La conformité à la planification urbaine
Les permis de construire et certificats d’habitabilité
Les charges, dettes ou servitudes
Les charges de copropriété et les taxes
C’est à cette étape que l’on découvre si une finca magnifiquement restaurée est également irréprochable sur le plan juridique, ou si une villa minimaliste perchée sur le Montgó frôle les limites locales de construction.
En Espagne, le notaire est un fonctionnaire public neutre, et non votre conseiller juridique personnel. Son rôle est de superviser et formaliser l’acte de vente (Escritura Pública), de s’assurer de l’identification correcte et de confirmer que les taxes sont déclarées et payées.
Cet acte, discret, procédural, souvent sous-estimé, est ce qui donne à la transaction sa validité légale. Et il est incontournable.
Beaucoup de clients internationaux sont surpris d’apprendre qu’un achat à 1 M€ peut facilement atteindre 1,1 M€ ou plus une fois les taxes et frais inclus. Voici comment se décomposent les chiffres :
Bien immobilier de revente (non neuf):
Impuesto sobre Transmisiones Patrimoniales (ITP) s’applique, de 6 % à 10 % selon la région. Sur la Costa Blanca, c’est généralement 10 %.
Bien immobilier neuf:
Vous paierez 10 % de TVA (IVA) plus les Actos Jurídicos Documentados (AJD), un droit de timbre qui varie selon la région (généralement 1,5 %).
Frais juridiques et administratifs liés à l’achat
Honoraires juridiques: ~1 % du prix de la propriété (notez que cela peut augmenter mais jamais diminuer)
Notaire : 500 à 1 500 € selon la complexité de l’achat
Registre foncier: ~0,5 %
Autres coûts: frais bancaires, traduction assermentée, procuration si nécessaire
Au total, le coût d’acquisition peut dépasser 12–13 % du prix convenu, il est donc essentiel d’avoir une vision claire dès le départ.

Pendant des années, le programme espagnol de Golden Visa permettait aux ressortissants non européens d’obtenir la résidence en investissant 500 000 € ou plus dans l’immobilier. C’était un aimant à capitaux, notamment en provenance de Chine, de Russie et du Moyen-Orient.
Mais en avril 2025, le gouvernement espagnol a annoncé la suppression du programme, reflétant les inquiétudes croissantes de la population concernant l’accès au logement abordable. Les biens peuvent toujours être achetés librement, mais ils n’offrent plus de voie directe vers la résidence.
Pour les clients hors UE, y compris les citoyens britanniques dans un monde post-Brexit, cela nécessite un recentrage vers des visas de long terme ou des structures d’acquisition alternatives.
Dans une initiative qui a fait la une des journaux internationaux, le Premier ministre espagnol a récemment proposé une surtaxe de 100 % sur les achats immobiliers par des acheteurs non-européens et non-résidents,doublant de fait le coût d’acquisition. L’objectif ? Freiner les investissements spéculatifs dans des marchés surchauffés comme Barcelone, Ibiza ou certaines zones de la Costa del Sol.
Bien que cette proposition ne soit pas encore en vigueur, elle illustre une volonté politique de restreindre la propriété étrangère dans certaines régions clés. Pour l’instant, ce n’est qu’un projet. Mais il devrait inciter les acheteurs à conclure leurs achats selon les règles actuelles, non celles à venir.
Contrairement à des systèmes plus centralisés, les communautés autonomes d’Espagne disposent d’une grande latitude sur les taux d’imposition, les lois d’urbanisme et le zonage. Pour les acheteurs ciblant la Costa Blanca, notamment Moraira, Jávea ou Denia, cela signifie:
Un taux ITP de 10 % sur les logements de revente
Des restrictions de construction strictes sur le litoral
Des services d’urbanisme actifs surveillant de près les rénovations
Les acheteurs habitués à la transparence nord-européenne doivent s’attendre à un rythme différent ici, plus lent, plus bureaucratique, mais gérable avec la bonne équipe.
Plus-values, impôt sur la fortune et obligations continues
Pour les non-résidents, la CGT est appliquée à un taux fixe de 24 % sur les gains nets. Les dépenses déductibles peuvent inclure les travaux, les commissions d’agence et les frais juridiques, à condition qu’ils soient correctement documentés.
L’Espagne applique un impôt annuel sur le patrimoine mondial dépassant 700 000 € (hors résidence principale jusqu’à 300 000 € pour les résidents). Notez que la propriété conjointe peut atténuer cet impôt, qui est calculé individuellement. Les non-résidents ne sont imposés que sur les biens situés en Espagne.
La Communauté valencienne, qui comprend la Costa Blanca, applique cet impôt de manière progressive, à partir de 0,2 % jusqu’à 3,5 % pour les patrimoines importants.
Droit successoral : L’Espagne applique des règles de réserve héréditaire. Il est important de coordonner avec des conseillers dans les deux juridictions.
Revenus locatifs : Imposés à 24 % pour les non-résidents hors UE; les résidents de l’UE bénéficient de déductions et de taux réduits.
Ce marché ne se prête pas à l’improvisation. À ce niveau, le bien immobilier que vous achetez est plus qu’une maison, c’est une part de votre patrimoine, de votre portefeuille, et potentiellement du mode de vie futur de votre famille en Europe. Quelques principes clés:
▸ Préparation juridique indispensable: Même les maisons modernes signées par des architectes peuvent cacher des complexités juridiques. Exigez les certificats d’urbanisme et les licences d’occupation.
▸ Structurer la propriété intelligemment: Déterminez si une propriété personnelle ou une SL espagnole (Société Limitée) est plus avantageuse fiscalement. La coordination entre conseillers espagnols et du pays d’origine est essentielle.
▸ Anticiper les changements réglementaires: La législation peut évoluer plus vite que la perception. Ce qui est fiscalement avantageux aujourd’hui peut ne plus l’être demain. Suivez l’actualité nationale et régionale — ou entourez-vous de ceux qui le font.
Posséder un bien en Espagne à partir de 1 M€ va bien au-delà du soleil et des vues sur la mer. Il s’agit d’acquérir une part tangible de la Méditerranée, via un processus qui valorise la clarté, la patience et une vision stratégique.
Bien mené, c’est un projet profondément enrichissant. Mais la réussite dépend non seulement de ce que vous achetez, mais de la manière dont vous l’achetez.
Chez Grupo Garcia, nous accompagnons nos clients tout au long de ce parcours avec discrétion, expertise et un engagement sans faille à bien faire les choses, juridiquement, financièrement et humainement.